Story of Love

J’ai voulu attendre avant d’écrire cet article, j’ai voulu attendre d’être en paix, j’ai voulu attendre pour être sûre que mes mots soient justes et j’ai voulu attendre parce que je ne veux blesser personne.

Je vais simplement vous raconter une histoire. Une histoire pas drôle, mais une histoire nécessaire. Je vais vous raconter comment on traverse les choses difficiles, comment on change et comment on grandit. Je vais vous raconter l’histoire de l’amour, en tout cas le mien.

L’amour

J’ai vraiment cru que c’était l’homme de ma vie, je nous voyais avec les enfants, le chien, la maison et les projets de vie jusqu’à notre mort. On a eu le temps de construire, on a eu le temps de s’apprivoiser, de s’aimer, de se respecter, d’apprendre à vivre ensemble, de faire de notre mieux, de toujours discuter, et de grandir. On a vécu 8 ans d’amour, avec engueulades, pleurs, rires, projets, échecs, réussites, soutien, et tout ce que comporte la vie à deux. On a construit notre vie ensemble, tout avait un sens, tout avait un but, tout allait bien.

On va loin quand on est deux, on va bien quand on est deux.

On avait la vie qu’on souhaitait, chacun de notre côté et ensemble aussi. C’était une relation si belle : se sentir appartenir à quelque chose de plus grand que nous, avoir l’impression de faire exactement ce qu’il faut dans la vie, être bien et sûr de soi. On pensait à deux, on vivait à deux, on riait à deux, on discutait à deux. Tout était plus rassurant, parce qu’on était deux. On était aimé, on aimait, et c’était la vie idéale. A chaque insécurité, on pouvait se reposer sur l’autre, à chaque difficulté, on avait une épaule sur laquelle s’appuyer, à chaque indécision, on avait quelqu’un pour en parler. Ce n’était pas toujours rose, mais on traversait tout ensemble, parce qu’on était plus fort que toutes ces conneries. Le couple idéal, assorti, amoureux, compréhensif, complice. On a grandit ensemble, on s’est construit ensemble. On avait trouvé un acolyte, un partenaire pour tout. On savait avec qui aller au cinéma, on savait dans quelle assiette piquer des frites, on savait qui appeler quand on était malade, on savait vers qui aller quand on avait besoin d’un câlin, on savait quelle voiture chercher sur le parking, on savait à qui parler de nos amis, on savait vers qui se tourner quand on s’ennuyait à une soirée, on avait quelqu’un avec qui vivre. On n’avait plus besoin de mot, les regards suffisaient, on n’avait plus besoin d’expliquer, on savait. Tout était évident. On fonctionnait en harmonie, en binôme, comme une seule et même personne. Quand l’un se coupait, l’autre avait mal aussi. Quand l’un était triste, l’autre pleurait aussi. Quand l’un était excité, l’autre sautait de joie aussi. Plus rien n’avait de secret, plus rien n’avait besoin d’être gardé secret. Tout était évident. On avait la plus belle chose que deux humains peuvent construire : l’amour. Un amour sûr, celui qui nous fait sentir à la maison tant qu’on est avec l’autre. Aucun doute, aucune crainte, parce qu’on est heureux, parce qu’on est aimé. Parce qu’on a rempli toutes les cases du bonheur.

La rupture

Et puis la vie suit son cours, on continue notre vie de couple. On est heureux, on est en sécurité, on est bien. Jusqu’à ce qu’inévitablement, un autre cap surgisse. Etre en couple depuis si longtemps, c’est grandir ensemble, c’est changer ensemble. Sauf que parfois, chacun change de son côté. Et tout à coup les attentes ne sont plus les mêmes, tout à coup on ne voit plus la vie de la même manière. Alors on en parle, alors on essaie de trouver un compromis, après tout, ça marche à chaque fois. Mais cette fois, il n’y a pas de compromis. Cette fois, les choix sont trop importants, cette fois l’individualité de chacun prime sur le couple. Il n’y a pas de raison valables pour se quitter, il y a juste des raisons. Nous avons épuisé notre quotas. Nous avons besoin d’autre chose. Et certains diront que c’est parce que nous ne nous aimions pas assez. Mais c’est quoi aimer assez ? Je n’ai pas de réponse, chacun vit cela à sa manière. Et nous on avait trop de respect et de compréhension pour laisser l’un de nous s’enfermer dans une relation qui n’allait pas nous satisfaire entièrement. Alors on s’est dit au-revoir. Parce que forcer ne donnera rien de bon. Parce que le compromis ne va que faire souffrir. Et c’est un choix. Un choix difficile, un choix nécessaire, un choix humain. Faut-il rester en couple quand on sait que l’on va faire souffrir celui ou celle que l’on aime ?

Je crois que quand on aime, on doit aussi savoir laisser partir.

Ce n’est pas simple, c’est sans doute un des choix les plus durs. Laisser partir. Renoncer à une relation aussi belle. Renoncer à tous ces projets. Renoncer à l’amour. Et pas parce qu’on aime plus, mais juste parce qu’on sait que l’on va souffrir encore plus si l’on reste ensemble. On va regretter ce choix, on va connaitre le manque, on va être perdu, on va s’entêter, on va pleurer, on va être jaloux, on va être en colère, on va souffrir. On sait d’avance que ça va être douloureux, c’est déjà douloureux avant même de se quitter. Rien que l’idée fait mal. C’est si dur de perdre quelqu’un qu’on aime. De perdre l’amour, la sécurité, la confiance.

La solitude

Et tout à coup, on est seul. Pas seul un peu, seul profondément. Toute notre vie perd son sens, tous nos choix perdent leur valeur, toute notre confiance s’envole. On est seul. Le pilier qui nous fasait tenir depuis si longtemps n’est plus là. On est seul. L’amour qui nous nourrissait depuis si longtemps est loin. On est seul. On ne sait pas vivre seul. On ne connait que le couple, on ne sait être heureux qu’en couple. On est libre de tous nos choix, mais que choisir puisqu’il n’y a plus personne avec qui partager ? On est seul. C’est un sentiment profond, un sentiment qui empêche de dormir, qui prend aux tripes, qui coupe la faim, qui fait remonter les souvenirs, qui nous ronge. On est seul. Et tous les amis, toute la famille ni changera rien. Et puis on aime encore : on aime encore ce couple qui n’est plus, on aime encore cette personne qui s’en va. On n’arrête pas d’aimer quand on se sépare. Alors maintenant on fait quoi de tout cet amour, il va où ? Tout cet amour qui nous maintenait. On n’aime pas qui on est sans tout ça. D’ailleurs, on ne sait pas qui on est sans tout ça. Alors on s’attache à ce qu’on avait, on ne voit plus la vie devant nous, on ne regarde que ce qu’on n’a plus. On doute, on attend des miracles, on ressasse encore et encore. On est seul, et on ne veut pas être seul. On aurait voulu que cette relation dure toute la vie, ça devait durer toute la vie. On a besoin de cette relation, on est perdu sans cela. On a besoin de l’autre, cet autre qui nous connait si bien, qui nous connait mieux que nous-même. On n’a pas perdu simplement une relation, on a perdu une maison, on a perdu un bonheur, on a perdu un lien, on a perdu l’amour, on s’est perdu. Et maintenant tout s’effondre, le monde tel qu’on le connait s’écroule. On est seul. Et c’est terrifiant, et c’est douloureux, et ça semble insurmontable… C’est souvent dans ces moments-là que les gens agissent bêtement, parce que la douleur est si forte, qu’on ne cherche qu’à l’atténuer, sans penser aux conséquences.

La reconstruction

Et puis petit à petit on refait des choses pour nous, seulement pour nous et on se redécouvre. On prend confiance en nous-même et par nous-même. Doucement on continue à vivre, pour soi et avec soi-même. Et tout cet amour, on se le donne à soi. On construit une vie qui nous appartient. On a tous mille manières de surmonter ça. C’est toujours douloureux, c’est toujours difficile, mais on traverse la tempête, et on grandit. C’est un petit combat que de tenir le coup et d’avancer. Un pas après l’autre, on gère les rechutes, on s’accroche aux détails des bons moments. On tient bon. Et on switche d’une seconde à l’autre entre la dépression et le renouveau, entre les pleurs et la joie intense, entre le passé et le futur, entre le regret et la libération. Jusqu’au jour où on ne regrette plus, parce qu’on s’est fait une raison et parce qu’on sait qu’il y a quelque chose devant qui nous attend. Alors on prend soin de soi, on s’écoute, on se fait confiance. La vie ne s’arrête pas. Et c’est toujours douloureux, c’est toujours difficile, mais on est bien là où on est. On se sent enfin exactement là où on doit être. On regarde toujours un peu derrière, et on sourit, parce que c’était beau. 8 ans de vie, c’était magnifique. Et on sait que cette personne qui a partagé tellement aura toujours une place particulière. Parce que ce n’est plus qu’une personne, c’est un bout de vie et c’est un merveilleux bout de vie. Ce sera toujours douloureux, parce qu’il y aura toujours un manque, parce qu’il y aura toujours cette impression d’avoir perdu quelque chose. Mais on aura encore de belles choses, on aura encore de l’amour, on aura encore des projets. La vie continue. On a survécu à l’amour. Il est temps de s’aimer, il est temps de se retrouver, il est temps de se découvrir, il est temps de devenir. Et la douleur s’estompera à mesure où l’on se construira. On n’est plus seul, parce qu’on est avec nous-même. Et tout l’amour que l’on a, tout l’amour dont on a besoin, il faut se le donner à soi. On ne se remet peut-être jamais d’une rupture comme celle-ci, mais on apprend à vivre avec, avec toute la nostalgie et toute la mélancolie qu’elle apporte. On apprend à accepter la rupture, parce que c’est le début d’autre chose. Parce que ça nous aura amené exactement où l’on est. Il n’y a pas de fautif dans ce genre de rupture, il y a juste la vie : deux humains qui s’aiment et qui se disent au-revoir. Et c’est cette rupture qui apportera tout le reste de notre vie. Et toute la douleur nous fera grandir, et tout l’amour n’est pas perdu, il est en nous. Et le monde se redessinera selon nos envies. La fin de quelque chose, c’est toujours le début d’autre chose. Alors maintenant, il est temps d’apprendre à vivre seul. Il est temps de vivre autre chose. Et quand on accepte tout ça, on n’a plus que de la gratitude, du respect et de l’amour encore !

L’amour encore

C’est quand on accepte enfin, quand on laisse partir, quand on est enfin en paix avec la rupture et avec nous-même qu’on peut alors aimer à nouveau. Mais on fait comment ? C’est quoi aimer maintenant ? On ne sait plus, on ne sait plus comment faire et on a peur de souffrir encore. Si tout s’effondre à nouveau, est-ce qu’on tiendra le coup cette fois ? Je n’ai toujours pas de réponse. Je ne crois pas qu’il y ait de réponse à tout ça. Je crois juste que quand on sera bien avec quelqu’un, tout redeviendra évident à nouveau. Et on aura les réponses à nos questions, et on aura le soutien et la compréhension. Et on se sentira libre à nouveau, libre d’être soi, libre d’aimer, et d’être aimé. Je crois qu’avec chaque blessure, on se connait un peu mieux et on se respecte un peu plus. On n’effacera jamais la douleur, on n’effacera jamais les souvenirs, bons ou mauvais, mais on sera toujours plus fort. Et on aimera encore.

Osarya

Et à mes 8 ans d’amour, à cette personne incroyable qui a partagé ce bout de vie avec moi, j’aimerai juste dire merci. Je te souhaite tellement de bonheur, encore et toujours, parce qu’à jamais tu sera cette personne importante que je respecte du plus profond de mon être. Merci.


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