Journal de bord #6

Coucou Papa,

J’avoue que ça fait un moment que j’ai pas pris le temps d’écrire. Ici tout va très vite, on fait beaucoup de randonnée, et de camping donc je n’ai pas toujours de quoi me poser et écrire. Pour remettre le contexte, ma travel mate a racheté une voiture dans la journée et nous avons changé d’itinéraire en fonction de la météo pour profiter au maximum. Donc ça fait maintenant une semaine qu’on est sur la route à travers l’île du Nord (je ferai un article spécial voyage pour ça quand j’aurai fini) et on en prend littéralement plein les yeux.

Le temps est très changeant, la plupart des gens que l’on croise nous disent la même chose « il faut venir en février, c’est la meilleure période » : cependant, il semblerait que l’on soit là maintenant et pas en février, donc on va faire au mieux… c’est tellement stupide de nous dire ça, non ? Enfin, malgré les averses fréquentes, les paysages sont magnifiques. Parfois même, la pluie donne une atmosphère particulière que je trouve encore plus intéressante. Alors on enchaine les randonnées, toutes plus belles les unes que les autres : de la jungle humide aux prairies verdoyantes en passant par les plages paisibles.

J’ai une tonne de photos magnifiques, c’est génial. On m’avait bien dit que ce pays était incroyable et c’est vrai, j’y retrouve un peu de Canada, un peu d’Irlande, un peu de la maison aussi et même la Martinique parfois : que des endroits que j’ai adoré, en un seul ! Tu aimerais tellement ce pays, Papa. Je ne vais pas passer trop de temps à parler des paysages, comme on dit « une photo vaut milles mots », alors je te laisserai admirer la beauté de la Nouvelle-Zélande.

En ce qui concerne ma vie de voyageuse avec trois autres inconnus devenus des copains, ça va. C’est parfois difficile parce que les caractères sont différents, et je me rends surtout compte que j’ai de la peine à entrer dans un groupe : j’ai toujours ce sentiment de perdre un peu mon identité. J’aime mon indépendance, j’aime être libre et je me sens parfois coincée. Et puis tout prend plus de temps, les décisions sont longues à prendre, les moments de solitude sont rares… Bref, je crois que quatre personnes c’est déjà trop pour moi. Mais on passe aussi des moments inoubliables de rire et d’aventure et je me concentre là-dessus. Et puis chaque chose que je vis, c’est de l’expérience en plus, chaque chose que je vis, c’est un pas de plus vers ce que je suis.

Globalement, je me sens bien ici, j’adore les road trip. C’est officiellement la manière de voyager que je préfère et j’ai déjà hâte d’avoir mon campervan et de barouder à travers le monde par moi-même. Mais pour le moment, j’essaie de programmer un peu la suite de ce long voyage à la découverte du monde et de moi-même. Je n’ai pas envie de trop en dire parce que les plans changent très vite et très souvent… Mais tu sera tenu au courant dès que j’ai une certitude, promis. Il y a tant de choses que j’aimerai faire, tu me connais : toujours des tonnes d’idées et envie de tout tenter. Je me sens capable de tout, je me sens si vivante.

Je te fais des tonnes de bisous, un immense câlin, et je t’envoie tout mon amour. Tu me manques beaucoup, tout le monde me manquent beaucoup. J’espère que les choses se passent bien à la maison.

Ta fille en Nouvelle-Zélande

Et voici quelques magnifiques photos, en vrac.