L’Ouest Américain

Road trip en moto

Arrivée sous les 38° et l’air étouffant de Los Angeles. Trouver un taxi, trouver notre loueur de motos, poser nos valises, respirer un peu après les 12 heures d’avion non-stop.

Première étape : récupérer les motos. Direction Eagle Rider, tout est réservé, mais il faut encore faire la paperasse pour les trois semaines de road trip. On charge les Electra Glide avec le minimum vital, mais les sacoches ne sont pas immenses donc on doit la jouer stratégique. Nickel, tout passe. On est parti.


Los Angeles

On est vite imprégné par l’atmosphère américaine. Les pick up et les gros SUV sur l’autoroute, le latino sur sa moto avec la musique à fond, les enseignes lumineuses clignotantes, les fast food, les drapeaux patriotiques qui flottent au vent. Cliché : nous y sommes.

On passe deux jours à Los Angeles, visite d’Hollywood boulevard, balade dans les hauteurs de la ville, Observatoire de Griffith, et passage près des plages. Los Angeles ne nous fascine que peu, envie de grandes étendues, de rouler, de respirer.


La route, Palm Springs et le vent

On sort de Los Angeles sous la grisaille, longeant la côte quelques kilomètres avant d’entrer dans les terres. Végétation sèche, vent violent, et enfin l’asphalte interminable. L’aventure commence, on roule enfin à travers l’ouest américain. Palm Springs, petite bourgade entre champs d’éoliennes et désert. On est au coeur de Coachella, sans Coachella, juste avec les palmiers, la roche et la chaleur.


Route 66, Bagdad café et le train de deux kilomètres

Cheminer sur la route la plus mythique des Etats-Unis était indispensable, alors nous y voilà. C’est finalement un bout de route comme tous ceux qu’on a fait durant ce voyage : interminable. A la seule différence qu’ici, tous les x kilomètres, on peut lire l’inscription sur le goudron. La route a été refaite à plusieurs endroits, et on y a même laissé la marque de la béquille dans l’asphalte, attendrie par la chaleur, lorsque l’on s’est arrêté pour prendre une photo.

La température est cuisante pour tout le monde.

On prend le temps de manger au fameux Bagdad Café, on n’a jamais vu le film, mais l’ambiance est dingue : des souvenirs de voyageurs placardés dans tout le bistro décoré aléatoirement avec des bricoles usées. On est bercé par la musique et les ordres criés de la patronne, pendant qu’un vieil habitué déguste son burger au bar.

On reprend la route, le ventre beaucoup trop plein. Et on longe la voie ferrée, on la traverse une fois, deux fois et on croise le train. Ce train de deux kilomètres de long qui nous passe devant durant de longues minutes. La paysage dégagé nous permet de le suivre du regard au loin, dans ce décor de western où on s’attendrait presque à voir débarquer les bandits à cheval.


L’Arizona : Kingsman, Oatman, et tout ce qui fini en man

Toujours la route 66. Rien a voir avec les clichés habituels : une simple route de montagne, serpentant entre les monts. On traverse de petits villages traditionnels dont Oatman, resté volontairement dans le passé, où les ânes errent sur la voie principale : ils sont rois. Le paysage minier est impressionnant. On ne s’attendait pas à trouver cela ici.

Les lueurs blanchâtres du soleil de fin de journée accompagne notre voyage : ambiance de vieux film.


Grand Canyon et grands émerveillements

Des kilomètres avant d’y arriver on aperçoit déjà des panneaux. A croire qu’ici, il n’y a rien d’autre. Alors après avoir observer les wapitis débarquer derrière la chambre d’hôtel, au calme, on part pour admirer le spectacle du coucher de soleil sur l’incontournable Canyon. Le long de la route, à cette heure-ci, on croise une flopée d’autres wapitis et animaux en tout genre, il fait enfin frais et ils n’ont pas peur des véhicules, c’est chez eux après tout.

On passe des heures face au soleil qui reflète ses couleurs chatoyante sur les strates innombrable du Canyon. L’ambiance est presque solennel, calme malgré le flot de touriste. On trouve vite un coin à l’écart, un peu plus seuls, et on profite de ce moment magique. Le Colorado en contrebas n’est qu’un filet d’eau luisant vu d’ici. Camper dans cette atmosphère doit être incroyable.

Le lendemain, on monte dans un hélicoptère qui nous fait survoler ce lieu. Première fois en hélicoptère, entre excitation et léger stress. J’ai la chance d’être devant, à côté du pilote, aux premières loges. J’ai pas les mots. En fait, on papote tout le long du chemin et lorsqu’on arrive au-dessus du Grand Canyon, il n’y a plus un son dans l’habitacle. Sans voix, tous.


Territoire Navajo, la terre rouge et Monument Valley

L’air est encore plus sec et le vent, toujours violent, n’adoucit pas la température, il brûle davantage. On arrive à la terre rouge, une route infinie traverse le territoire Navajo. Impatients de voir Monument Valley, on est déjà époustouflés par les centaines d’autres Monuments que l’on croise. Des géants de roche, comme posés au milieu du désert, soufflés par le vent, érodés par le sable, sculptés par le temps. On aurait pu être sur Mars tellement le paysage est étonnant. Alors on découvre l’art de cette nature hostile, surprenant, imposant, majestueux.


Valley Of the Gods

Je dédie un paragraphe complet à cet endroit, parce que c’est sans doute mon préféré du voyage. C’est peut-être l’ambiance, peut-être le décor, peut-être mon imagination, mais c’est un lieu un peu magique. La Vallée des Dieu, le nom se suffit. Que dire de plus.

Un chemin de terre sinueux au milieu des colosses rocheux contrastés par le soleil brûlant.


Dead Horse Point, la route encore, l’Utah et ses fameuses arches

Après l’incroyable Valley, on monte un peu, on respire à nouveau quelques heures. Dead Horse Point, c’est un énième spot vu dans les films, et c’est encore une claque panoramique. Petite pause avec une vue plutôt agréable.

Lorsque l’on redescend sur Moab, on en prend pleins les yeux avec le parc naturel des arches. Une fois encore, la nature a créé des merveilles. On traverse des centaines de constructions rocheuses toutes plus étonnantes les unes que les autres. Et on découvre enfin les arches imposantes et pourtant éphémères, amenées inévitablement à disparaitre. Ici c’est full de touristes, et il n’est pas évident de faire une photo d’une arche sans parasites. Alors, toujours aussi peu friand de monde, on fait vite, et on reprend la route.


Un parc national, deux parcs nationaux, trois parcs nationaux

Voilà ce qu’on adore, se balader dans les parcs nationaux, tous plus beaux les uns que les autres. Alors autant dire que là, on est gâté.

Première étape : Capitole Reef. On a emprunté la route panoramique (scenic road) et on s’est faufilé sur la piste devenue sable, le long des parois gigantesques d’un canyon. Ici, la route c’est lit de l’ancienne rivière. Le chemin finit en impasse, mais faire l’aller-retour c’est pas assez long quand c’est aussi beau.

Deuxième étape : Bryce Canyon. Les kilomètres de forêts brûlées, les arbres pétrifiés, alignés comme des piquets laissés sur place. Et puis, le long de la route, des points de vue qui offrent, a travers les arbres, une fenêtre sur quelques merveilles. Une arche par-ci, un amas de sculptures étrange par-là, etc.

Troisième étape : Zion. Comment dire, entre les façades rocheuses impressionnantes, la route sinueuse et cette lumière matinale d’une douceur incomparable. La balade est apaisante, fraîche et divinement belle.


Las Vegas, le barrage le plus filmé du monde et la chaleur assommante

Direction Las Vegas, connue, connue et re-connue. On ne pouvait pas ne pas y passer mais c’est pas vraiment ce qu’on aime. Une nuit là-bas, entre les casinos, les enseignes éblouissantes, les incongruités et les drogués. C’est une ville en carton, une ville de cinéma, sans âme et pourtant bondée de monde.

On dort comme on peut, et on se hâte de reprendre notre voyage. Petite halte au barrage Hoover (mais oui, c’est ce barrage qui explose dans tous les films catastrophes américains) voilà maintenant que tu vois de quoi je parle, on peut passer à autre chose.

Non, plus sérieusement, il est assez ouf. Mais pas aussi ouf que la chaleur que l’on a subit pour l’atteindre. Au milieu du désert, 180° thermostat 6, cuisson lente. Entre les paysages lunaires, rocheux, martiens, et totalement inhospitaliers, on roule en plein cagniard et les pauses on les prend surtout pour se renverser des bouteilles d’eau sur les jeans. Sensation de frais totalement inexistante et séchage en 6 secondes. Ici, même les vautours rôdaient au dessus de nos têtes.

Et toujours la route, infinie, rectiligne, poussiéreuse.


De la vallée de la Mort au col de la Sierra Nevada

Death Valley, elle porte bien son nom. Station essence à l’entrée et à la sortie, rien au milieu à part une boutique souvenir/restaurant/hôtel quand c’est ouvert… Chaleur, désert, lac de sel, une cuvette à 85,5 mètre en dessous du niveau de la mer. Autour, des monts rocheux. Au milieu, une route et rien d’autre. Il y a évidement un petit aménagement pour accéder au grand lac de sel, mais je vous conseille de vous arrêter un peu avant, vous y aurez accès, sans avoir la foule de voyageurs.

Lorsqu’on quitte la vallée de la Mort, et qu’on reprend la route en direction de la Sierra Nevada, c’est un vrai soulagement. La fraîcheur arrive enfin, en même temps que la végétation et on respire à nouveau. On enlève le mode survie et on ne quitte plus la montagne aux crêts enneigés des yeux. On passe de 43° à 9° en l’espace d’une journée, le lac de sel devient lac de glace et le soleil disparait sous un brouillard humide.


Parc national des Yosemite et Séquoias géants

Le parc est immense. On s’y balade en moto sous l’égide bienveillant d’El Capitan, cet immense bloc de granite que l’on aperçoit où que l’on soit. Entre les routes parfois inondées par la fonte des glaces, les cascades abondantes, les prairies verdoyantes et le soleil rayonnant, on respire la vie, après des semaines en terres hostiles.

Pour atteindre les Séquoias géants, bien plus bas que notre position, on doit rouler plusieurs heures et ensuite, on doit encore marcher de longues minutes. Mais le jeu en vaut largement la chandelle. Le long du chemin, les arbres immenses guident nos pas. Certains ont brûlés, d’autres sont tombés, il ne reste que quelques 200 géants de plus de 2 700 ans pour le plus âgé. Le calme règne ici, protégés du vent, loin de la vie humaine, on n’entend rien d’autre que les bruits des animaux et de nos pas.


San Francisco, Alcatraz et l’air océanique

Des trois grandes villes que l’on a visité durant ce road trip, c’est celle-ci ma favorite. Marginale, cosmopolite, artistique, les mille couleurs de San Francisco m’ont conquise dès notre arrivée. Il faut s’habituer aux sans-abris drogués absolument partout (comme dans chaque grandes villes américaines) mais ici c’est plus simple, il font partie intégrante de la rue. Il n’y a pas de gêne, pas de jugement, tout est permis. On rôde dans la ville quelques heures, s’imprégnant de l’atmosphère : l’air marin, les otaries sur les quais, les rues aux pentes affolantes, le tram cabine mythique, les maisons colorées et leurs loggias typiques et ce pont suspendu rouge assez célèbre.

On a prévu la visite d’Alcatraz. J’avoue ne pas avoir été très emballée par l’idée, mais finalement je suis scotchée. Déjà, la vue panoramique sur San Francisco depuis le bateau n’est pas négligeable et ensuite, les ruines, moi, j’adore ça. Alors avant même de poser les pieds sur l’île, j’avais déjà fait 56 photos des vieux murs laissés à l’abandon. La visite est prenante : les cellules, la cuisine, les couloirs, les cachots, la cour, les murs, tout est chargé d’histoire. On s’imagine très facilement et c’est presque dérangeant, glauque.


La côte pacifique, retour à Los Angeles, retour à la maison

On rentre à Los Angeles, les yeux encore pétillants, mais rincés par l’épopée épuisante. La côte californienne nous donne encore quelques très jolis clichés et on profite quelques instants d’une plage déserte.


6 000 kilomètres, 3 semaines en moto, entre désert, montagne, ville et océan. On a rit (beaucoup), on a découvert mille choses, on a mangé (beaucoup trop), on a failli se torcher, on a bronzé, on a prit des photos (pas assez), on a voyagé (jamais assez), et on a kiffé de A à Z.

En tout honnêteté, ce road trip a été une opportunité pour moi et je n’étais pas enchantée par l’idée : le désert en moto, d’accord mais je sens que je vais pas aimé… Moi je suis plutôt grandes forêts canadiennes, cascades, lacs, ou villes.

Mais ce voyage m’a émerveillée, je suis rentrée impressionnée, bluffée par les décors tellement inconnus pour moi. Les paysages à perte de vue, immenses, déserts, panoramiques. Le vent chaud, la sensation de liberté, les couleurs, le silence.

IMG_2429

Je suis époustouflée par ce road trip.

Osarya

 

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