« Il faut souffrir pour être belle »

Dans cet article, qui fera sans doute partie d’une longue série, je tiens simplement à soulever un point de vue. S’affranchir des conventions. Réfléchir sur le sens de ce que l’on dit ou de ce que l’on nous dit. Redéfinir ce qui est acceptable ou non. Sortir du « ouais mais tout le monde le dit/fait ». Montrer le poids des petites choses. Envoyer bouler les pressions sociales. Je vais volontairement loin dans ma réflexion. Je ne souhaite pas mettre tout le monde d’accord, je souhaite simplement ouvrir une porte. Évidemment tout se nuance. Je prône simplement le respect de soi, de ses envies, de ses choix, de sa liberté individuelle.

« Il faut souffrir pour être belle »

On a toutes déjà entendu cette phrase, souvent même par un proche, la plupart du temps par une femme. Parce qu’on est toute passée par là, parce que nos mères, nos sœurs, nos tantes n’en sont pas mortes, parce que c’est comme ça. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pleuré pour une coiffure bien faite, où j’ai répété « aïe » en attendant patiemment que ça s’arrête… Et je suis certaine qu’on a toutes vécu quelque chose de similaire.

 Alors on va se poser un peu et y réfléchir un instant…

 

« Il faut… »

A ce moment-là déjà, on n’a plus le choix. Et si je choisi d’être « moche » ? Je ne peux pas. Cette phrase n’est pas une question, ni une proposition : c’est un ordre. Donc à dix ans, nous avons pour ordre d’être belle. Et de souffrir pour l’être, parce que ce que nous sommes n’est pas suffisant. On balaie totalement les envies, les besoins ou les avis de la fille en question. Cette jeune fille, qui va devoir souffrir pour être belle, ne le fait pas par choix. Normalement quand on impose une souffrance à quelqu’un, sans son consentement, on appelle ça de la torture.


Pour rappel :
Torture : souffrances physiques ou psychologiques infligées à quelqu’un.
Infliger : Faire subir quelque chose de désagréable à quelqu’un, imposer.
Globalement si je reprends la définition, on a donc dans cette phrase, la souffrance physique qui la suit et la souffrance psychologique qu’elle entraine par négation de l’être. (Oui je vais loin, oui c’est voulu, oui je veux juste faire réfléchir)

 

La beauté justifie-t-elle la souffrance ?

Dès le plus jeune âge, on nous inculque que la souffrance vaut mieux que d’être laide. Pourtant, on passe notre temps à échapper aux désagréments de la souffrance, non ? On veille à ne pas se blesser, se piquer, se casser quelque chose, etc. Mais la douleur, quand il s’agit de beauté, est totalement acceptée, voire recherchée. On finit par banaliser, normaliser la souffrance, celle-là même que l’on évite dans toutes les autres circonstances. Alors pourquoi, dans le simple but d’être « belle », on s’autorise on subit la douleur ?

 

Qu’est-ce qu’être belle ?

Pourrait-on arrêter de se comparer à des standards qui n’existent pas ? La beauté, c’est un avis. C’est une préférence qui dépend totalement de chaque personne. On s’enferme donc volontairement dans des carcans fictifs alors que la beauté est partout. La beauté c’est nous qui la définissons, chacun à son échelle, avec ses valeurs et de manière drastiquement différente. La beauté varie, elle évolue, elle s’applique à tout, elle appartient à la personne qui regarde, et elle n’est qu’un avis. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, d’accord, mais n’oublions pas qu’ils appartiennent à une personne, ils ne sont pas applicables à tout le monde. Tu peux trouver quelque chose laid, mais ça ne le définira pas comme tel.


Pour rappel :
Beau : Qui suscite un plaisir esthétique d’ordre visuel ou auditif.
Beau : Qui suscite un sentiment admiratif par sa supériorité intellectuelle, morale ou physique.
Beau : Qui est agréable, qui cause du bien-être.
A aucun moment il n’est défini de critère, de base ou de limite. Les définitions sont vagues, car elles abordent un thème subjectif, une vision qui sera différente pour chacun. Certains trouvent le jaune très beau, d’autre pas, et peut-être que ceux qui n’aiment pas le jaune vont trouver ce jaune-là fort beau et inversement, ceux qui aiment le jaune vont peut-être trouver celui-ci très moche… (Bref, vous avez compris l’idée je pense). Rien n’est pré-défini, les avis divergent, évoluent et sont uniques.

 

Pour qui ?

Dans cette l’injonction « il faut souffrir pour être belle », il n’est même pas question de savoir pour qui on doit subir la douleur. Pour n’importe qui ? Comme si le regard de toute la population était plus important que le nôtre. Le jugement des autres devient donc une priorité. Il vaut mieux souffrir plutôt que les autres ne nous trouvent pas attirante. Les hommes, les autres femmes, les enfants, les chiens tout le monde attend de nous que nous soyons belles ? On appelle ça la pression sociale. Et cette pression est telle qu’il n’y a pas besoin de définir l’intéressé, qui devient la société dans sa globalité. Alors que la seule personne pour qui nous devrions vouloir être belle, c’est nous-même.


Pour rappel :
Pression sociale : influence exercée par un individu ou un groupe sur chacun de ses membres dont le résultat est d’imposer des normes en matière d’attitude et de comportement.
Juste parce que cette définition me parait primordiale. Faire partie d’un groupe ne devrait pas lisser nos différences, au contraire.

 

« Il faut souffrir pour être belle »

En finalité, cette phrase anodine, souvent lancée sur le ton de la rigolade par une femme (mère, sœur, tante, etc.) que l’on admire, a de multiples effets néfastes :

  • La négation de soi, de ses désirs, de ses préférences au profit de celui des autres.
  • Le course à la perfection, les régimes, la chirurgie, les troubles alimentaires, etc.
  • La souffrance devenue volontaire
  • Le manque d’assurance, le doute, la crainte, le sentiment que rien n’est suffisant
  • L’importance exacerbée du physique au détriment du caractère ou de l’intelligence.
  • Le mal-être.
  • Etc.

Et bien que la plupart d’entre nous pense que cela n’a pas beaucoup de conséquences, la dernière question que je poserai est la suivante : En quoi, cette phrase apporte-t-elle quelque chose ? Si la réponse est : RIEN (ou pire, que du mal), alors arrêtons de la prononcer… Elle ne manquera à personne !


 

Le but de cet article n’est pas de pousser les gens à ne plus prendre soin d’eux, mais plutôt de se demander pour qui et pour quoi les gens autorisent la souffrance. Il y a mille raisons de se faire violence dans la vie, celle d’être belle pour les autres ne devrait pas en être une. Repousser ses limites, tester son corps, etc. oui, mais pour soi.

Les choix que l’on prend devraient toujours être faits pour soi, selon nos propres critères, affranchis de ceux de la société.

Ne vaut-il pas mieux se définir comme être, plutôt que comme paraître ?

 

Je ne sais pas quel impact aura cet article, et j’ai conscience que ce n’est qu’un jet de pierre dans l’océan, mais il faut bien commencer quelque part et, par chance, cela touchera peut être quelqu’un qui défendra également ces idées.

C’est petit à petit, comme on dit, que l’oiseau fait son nid.

Osarya

 

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